PROF-FALL, roman sombre de Jacques Monsieur aux éditions HAK lo-Fi record, N° 112.
Quel rapport y a-t-il entre écouter un charlatan parler à la radio de l'hypothèse d'une infiltration extraterrestre dans la population - jusqu'à nouvel ordre terrienne si l'on excepte les pensionnaires super boostés de la station MIR - et se re-présenter les parcours imaginaires et réels du personnage principal de Prof-fall ? Aucun à première vue. Sauf si à l'issue de la lecture du roman de Jacques Monsieur un cocktail d'émotions pousse irrévocablement à se changer les idées, à varier les supports par lesquels transitent nos cultures contemporaines, en bref : à migrer d'un média à un autre pour mettre un peu de distance entre soi et les lignes envoûtantes de l'auteur. Le média radiophonique se prête assez bien à ce besoin de s'aérer la tête. Musique, voix et bruits entrelacés comme les serpents de Méduse : trois genres de sources sonores se disputant sur le temps court une place éphémère sur les ondes. Mais l'équilibre, qui caractérise la sacro-sainte Trinité sonore, parfois rompt quand par exemple, pendant plus de six heures, la Symphonie n°6 en La mineur de Gustav Malher monopolise le poste au grand bonheur, on l'imagine, de l'auditeur le plus fervent de France-Culture. Là, c'est les cordes qui l'emportent. Des cordes, des cordes et des cordes. Et là, c'est la voix. De la voix de la voix, il pleut des cordes de voix... et des inepties en série sur cette station dont je ne connais pas le nom, mais qui accorde une tribune pendant quatre heures à un bonimenteur dont l'audace et la philanthropie feinte lui permettent de tirer à quelques dizaines de millier d'exemplaires, voire plus, ses livres de merde (vous vouliez de la critique, je vous dis vive l'injure !). En somme, une fois que j'avais fermé le bouquin, je débutais mon pèlerinage dans les méandres de la pensée confuse d'un prophète de seconde zone. Certes, on apprend beaucoup à se perdre dans la rhétorique boiteuse d'un intellectuel qui en sait long sur tout. Surtout quand celui-ci prend soin de se laisser aller à un monologue de trente minutes, non sans préciser en guise d'introduction que le sujet évoqué ne lui est pas familier, que sa compétence en la matière est loin d'être assurée. Il se trouve que, par je ne sais quelle ivresse du mot, le spécialiste des questions obscures a toujours quelques chose à dire sur la sépulture de Neandertal, la biométrie ou l'influence des trous noirs dans la dynamique des corps célestes, quand au reste il ne prétend qu'à décrypter avec soin et pour une énième fois les tenants et les aboutissants de la politique sécuritaire des Etats-Unis dans l'affaire de Roswell. Vous savez le crash de l'engin non identifié piloté par la poupée à la sale gueule. Cette dernière s'est déclinée en badges, posters, tee-shirts et lunettes de chiottes à une vitesse fulgurante et fût diffusée partout sur le globe, jusque dans les territoires les plus retranchés. Gageons qu'il se trouve bien un pygmée ou deux ayant vu les images archiconnues de l'autopsie de l'extraterrestre qui, soit dit en passant, partage au moins avec ladite population africaine en voie de disparition le caractère « court sur patte ». Au cas où l'hypothèse ne se vérifierait pas, on trouverait plus probablement chez les chasseurs-cueilleurs de la forêt équatoriale et parmi la foule d'objets importés du Reste du Monde qui submerge leur environnement et éloigne leurs Dieux, quelques accessoires occidentaux à l'effigie du mythique Roswell.
Une digression comme celle-ci apporte-t-elle la moindre information sur Prof-fall ? Implicitement, elle a au moins le mérite de garantir au lecteur possible de ce roman qu'il sera moins déçu par son contenu que par le discours ésotérique d'un loulou scribouillard au verbe embrumé. Bien sûr, il ne s'agit là que de l'opinion d'un membre du collectif HAK qui défend son bifteck ou, devrait-t-on dire, la marmite du mouvement underground. Le mot est plus approprié car il évoque à la fois le nombre d'artistes, toutes disciplines confondues, qui participent à l'émergence d'une nouvelle pratique artistique (« encore une ! » disent les détracteurs, nous les renvoyons au manifeste HAK neuronal et à l'état d'abstraction) et la maigre pitance dont se contente ceux qui œuvrent dans le réseau. Les mesures du gouvernement, au reste largement médiatisées aux dernières étrennes, sur la baisse des prix dans l'agro-alimentaire n'ont pas été efficientes. Le prix du bifteck Charal s'envole ! Combien de kilos de cette viande rouge faut-il pour nourrir jusqu'à satiété les quelques deux cents artistes d'HAK exigeants et rigoureux dans l'exercice de leurs arts respectifs ? La note aurait de quoi faire frémir ; le choux noir bouilli et distribué à grosse louches est plus représentatif de notre alimentation... Allons compatissez. Commanditaires de tous poils, armez vous de vos chéquiers et achetez en gros sur le site. Un millier de CD par exemple que vous pourriez accrochez aux branches du plus beau cerisier de votre résidence solognote. Imaginez l'effet que cela produirait, lorsqu'à la fin Mai, le rouge du fruit viendrait se refléter sur la platine de chacune de ces œuvres. Quelle danse harmonieuse et complexe vous soumettriez au regard de vos invités qui, la tête renversée et en tenue légère, se saouleraient proprement, bercés par la douceur d'un après-midi printanier. Imaginez vous entre libéraux, tous réunis autour de l'arbre « HAK » chargé symboliquement de milliers d'heures de travail dont vous n'auriez cure, préférant de loin écoutez un morceau de Stravinsky ou de Manuel de Falla plutôt que de vous laisser porter par la musique expérimentale de votre temps. Si la causerie à l'ombre des cerisiers n'est pas votre tasse de thé, sachez qu'équiper ces arbres de quelques CD HAK vous permettra d'éloigner les oiseaux et d'augmenter votre production de clafoutis. À l'évidence, me répondrez vous : « un bon lot de CD de récup fera l'affaire, en quoi irai-je investir 10 000 euros dans l'achat de vos oeuvres ». Réponse à laquelle nous rétorquerons d'un air détaché : « Parce que c'est gratuit gros con et que c'est le meilleur moyen pour toi de briller en société ! T'acharne donc pas à financer la collection de poteries gallo-romaines du musée communal voisin de ta résidence solognote ». On imputera à l'impolitesse du propos la raison d'un amour démesuré de l'art sous toutes ses formes.
Finalement toute transgression (même chier sur le client, ce père nourricier moderne) est toujours récupérée. Voilà au moins une loi vérifiable dans le monde instable de l'art contemporain. J'espère néanmoins que mes frères d'armes me pardonneront la liberté de ton de ces quelques lignes. Prenez les comme une modeste contribution à l'effort promotionnel du groupe. Il faut bien qu'on vive non ? Du moins faut-il que nous donnions l'illusion que l'ambition de vivre de notre art nous anime ? Il se trouve bien des « pigeons » qui financent à hauteur de centaines de milliers d'euros la décoration du parking d'une entreprise ou du rond point d'une nationale. Que le mécène soit privé ou public, peu importe, il s'agit surtout de mettre autant sinon plus d'énergie dans l'effort de convaincre le client qu'on peut faire une chose exceptionnelle que dans l'acte productif. Dur, dur, le marché. C'est vrai, mais est ce que se plier à ses règles n'est pas la marque de fabrique de ceux qui, avec ou sans talent, ont mené une politique d'ascension dans le champ grâce à laquelle ils ont rencontré le succès ? Pensons à un Magritte, à un Dalì, à un Klein et tant d'autres encore. Wharol et Basquiat étaient commerçants et le premier a eut l'honnêteté intellectuelle de mettre l'art au même niveau que ce qui le fait vivre : son commerce. N'est ce pas une manière originale d'interpréter la standardisation et la sérialisation de l'art de celui qui affirmait que chaque homme est en droit de bénéficier d'un quart d'heure de célébrité dans sa vie ? Malgré tout et dans bien des cas, une certitude demeure : produire c'est suer. Halte aux dérives volontaires à la place d'une introduction en bonne et due forme : l'heure est à dire en quoi l'auteur de Prof-fall a sué. Au demeurant, changer d'objet et passer du plus général des méditations prof-falliennes au plus particulier, c'est-à-dire du sentiment provoqué par la lecture du livre au livre lui-même, ne revient pas à changer de morale. Un même parfum de révolte plane sur cette critique et sur le roman. De fait donc, le lecteur ne s'étonnera pas du parti pris de la description. Quels bénéfices tire-t-on de la lecture de Prof-fall ? Pour répondre, tâchons de résumer au mieux le début de l'histoire de Jacques Monsieur.
Le personnage principal du bouquin est un jeune trentenaire archiviste à la caisse d'assurance maladie de Lyon. Hanté par l'idée de chuter un jour quelconque et presque sans raison, il ne peut se soustraire au besoin de faire chaque soir un détour en rentrant du travail et d'aller se promener vers un bâtiment énigmatique, laid et du type gratte-ciel post-moderne. « À quand le prochain défenestré ? » : voilà le genre de question récurrente que se pose notre héros. Ce dernier aime la bonne bouffe et l'OL (entendez l'Olympique Lyonnais), deux passions que partage également son ami et collègue de bureau, le gros Roger. Souvent en plein milieu d'une page, une phrase de Jacques Monsieur percute le lecteur et brille dans son esprit d'une lumière si vive qu'elle l'empêche de se concentrer totalement sur ce qui suit. Ce genre d'expérience qui, on ne le cachera pas, nous est arrivé plus d'une fois, alimente sans conteste l'idée qu'on a là à faire à un bon roman. La sauce prend. Par exemple : « J'aime le football. Ca permet d'avoir des discussions futiles avec une majorité de la population. » Quelle justesse ! Et n'en déplaise aux hooligans qui ne peuvent s'empêcher à l'heure du coucher de sucer leur pousse en relisant Bossuet.
Michel est donc ce fonctionnaire qui voit sa vie basculer le jour où il décide d'accepter la proposition de Roger d'aller déjeuner dans un shoarma/kebab dégueulasse du coin. Lors du repas, il croise le regard haineux de Dominguez, un ancien mercenaire attablé en compagnie de son avocate. À partir de cet échange subjectif, le héros devine la vie sordide que Dominguez a menée en Angola. Peu de temps après avoir croisé Michel et craché dans sa soupe (au sens propre), l'ex-trafiquant de diamants fait « le grand saut » et choisi comme piste de décollage le fameux immeuble énigmatique qui trouble Michel depuis un moment. Le suicide renforce Michel dans ses convictions : ce bâtiment est une véritable « machine à défenestrer ». En même temps la tragédie du trafiquant crée comme un lien entre son spectre et Michel, un lien qui ne se dénouera plus. Michel, quant à lui, continue son bonhomme de chemin dans la dépression. Plus il s'enfonce, plus il s'aventure, plus sa raison a du mal à joindre les deux bouts. Les deux bouts font des enfants, ils se démultiplient et le lecteur comprend vite qu'il est prit dans un bordel narratif qui, cependant, n'est que d'apparence et c'est là un des plus beaux tours de force de Jacques Monsieur. Car, en effet, l'auteur sait parfaitement donner l'ampleur du dérèglement psychique et moral de son personnage principal en nous installant dans la cabine de pilotage de son inconscient. Ici, il n'est plus question de donner un point de vue subjectif uniquement via le récit psychologique, mais bien mieux : d'intensifier ce point de vue en laissant le Monde-Autre du Moi de Michel parler. Phobies, paranoïa, schizophrénies sont autant de pathologies mentales qu'il se découvre et qu'il ausculte avec un détachement qui nous rappelle que nous baignons dans l'ère psy. Autrement dit dans l'ère de l'individualisme contemporain à l'entrée de laquelle l'hédonisme et la solitude sont les deux gardes dont les hallebardes se décroisent pour celui qui, y pénétrant, compte bien « profiter » du temps qui lui est imparti jusqu'à l'échéance qui lui est inconnue. Estime de soi, analyse par le sujet de l'analyse qu'il a fait sur lui-même. Dans le métropolitain lyonnais, Michel prend conscience du sang sur son visage à la vue de nombreux yeux qui le dévisagent... Et si la chute était au-dedans ?
Victor Jorge, 21/03/06
Publié par Fang Shih Yu à 12:23:59 dans D'la chronique ? | Commentaires (0) | Permaliens
À peine avais-je fais quelques pas en sortant du Centre Pompidou que, dans la rue du Renard près de la station Hôtel de ville, je croisai une vieille femme étrange qui regardait ses pieds. Elle piétinait ou bien tentait de plier sans ses mains et uniquement à l'aide de ses souliers bas marché, un billet de cinq euros. Intuitivement, je déduisis qu'il s'agissait de son argent déposé sur le sol mouillé. Je lui proposai donc de le ramasser afin qu'elle le récupère car je supputais que la force de se courber lui manquait. Ma proposition me semblait naturelle, mais la réponse fut déroutante : la vieille me regarda d'un œil craintif et partie sans faire plus attention que cela aux cinq euros. Je les ramassai et après l'avoir rattrapé à l'entrée d'un fast-food lui tendai le billet :
- « C'est à vous ? »
- « Oui »
- « Alors prenez-le » lui rétorquai-je froidement.
Le court instant où je tenais cet argent dans ma main fut sans doute à l'origine du ton désagréable que j'employai à l'égard de la vieille, comme si je lui reprochais tacitement de m'avoir laisser espérer pouvoir en disposer. Cinq euros, en somme, c'était déjà une somme, une somme qui m'assurait la possibilité de boire de la bière et d'y puiser l'inspiration nécessaire à la rédaction de ce « Bellmer à Beaubourg ». Bien sûr, si ce soir de la bière eut été posée au côté de ma plume, cette introduction n'eut jamais existé. On n'écrit jamais ce que l'on veut...
Jusqu'au 22 mai 2006, je conseille à tout ceux qui auront l'occasion d'occuper deux heures à Paris de se rendre au troisième niveau du Centre Pompidou, pour y admirer l'œuvre magnifique de Hans Bellmer (1902-1975).
Lorsque j'interroge mon Robert qui reste chez moi, et qui n'en glande pas une à part poser avec fierté d'un air de dire « viens voir mon universalité à moi », il me répond : « artiste allemand. Son érotisme exacerbé l'a fait reconnaître comme un des leurs par les surréalistes (dessins, gravures, peintures, sculpture et assemblage [La Poupée, diverses versions] photos) ». Hors, ceux qui connaissent, voire aime Bellmer, auront comprit mon insatisfaction face à cette définition synthétique, certes, mais bien trop réductrice. À l'évidence, mon ami Robert n'est pas assez qualifié. D'un autre côté, la bibliographie ne manque pas sur cette figure majeure du dernier siècle artistique. Pardonnez moi de ne pas donner la moindre référence. Pardonnez moi également mon hypocrisie car à vrai dire je m'en fous. Lecteur scrupuleux range le sabre de ta critique chérie et, si le cœur t'en dit, pénètre dans ce qu'il convient de nommer un compte-rendu subjectif.
L'exposition se compose d'un assez grand nombre d'œuvres de nature et technique différentes. La part du dessin est dominante. Les papiers sont blancs, ocres, jaunis. Le trait est toujours fin et les figures souvent complexes. On entre dans un jardin d'éros particulier où les hanches, les galbes et les jambes font l'objet d'un travail soigné, se conjuguent, s'épousent, instituant ainsi l'effraction de l'intime. Les silhouettes du royaume de la luxure peuplent les couloir et quelques unes d'entre-elles sont reproduites entre les pages de vieilles éditions de Madame Edwarda et de l'Histoire de l'œil de Georges Bataille.
L'érotisme de Bellmer est principalement représenté dans sa célèbre Poupée qu'il habille, disloque, mutile et expose dans un décor de solitude. En voici une assise au bas d'un escalier, une autre contre un mur et regardant par dessus son épaule le spectateur occupé à lorgner les gerçures de son cul. Photographiée, sculptée, peinte ou dessinée, La Poupée envahie l'espace telle une lolita dépravée émergeant d'un monde plat, angoissant, sans mouvements, un monde qui a intériorisé la victoire de la mort.
Au milieu du grand Bordel Symbolique, c'est toujours l'espèce humaine et la rencontre de ses corps qui est interrogée.
En janvier 1940, l'auteur de L'Anatomie de l'image dessine son autoportrait au camp de Miles. Il a le visage maigre mais rasé de près, coiffé d'un béret, il regarde fixement un point de fuite. En bas à gauche figure une minuscule mention : « au capitaine Poirras ». Qui était ce capitaine ? S'est t-il représenté en capitaine ? Deux ans plus tard Bellmer peint son deuxième autoportrait et cette fois le résultat est incroyable. Il s'agit d'une décalcomanie à l'encre et rehauts de gouaches blanches sur papier collé sur bois. Bellmer représente son profil droit et ignore son cou. Sa peau est marquée par des tâches et par endroits tombe en lambeaux. Le regard est frontal et interpelle le spectateur, à droite se situe une fleur champignon. On est sur une planète autre, dans un univers gazeux, où la vitesse de dépérissement des corps augmente. Les yeux brillent d'un bleu clair et semblent être les seuls à résister encore au grand pourrissement.
Les trois jeunes filles et la mort (1941-1942) s'inscrit dans le même registre. La composition cette fois ci est plus développée et les contrastes plus présents. Au milieu, trois jeunes filles et au milieu d'elles, la mort. De chaque côté, une fille se tient debout et ferme les yeux. Chacune présente son dos au groupe. À droite, elle est enceinte ce qui ne l'empêche pas de n'avoir plus que le squelette de ses mains comme son amie de gauche. La fille qui est à gauche de la mort et qui la côtoie de plus près est la plus translucide des trois. Seul, son œil bleu fixe le spectateur et réclame de lui une attention particulière pour son agonie dans l'évanescence. La mort sombre mute avec l'ombre d'une quatrième femme et sourit.
Bien sûr, il faut évoquer La Mitrailleuse en état de grâce. Réalisée en 1937, celle-ci a la force de Guernica. Il s'agit d'une sculpture qui anthropomorphise la fameuse arme automatique utilisée avec succès du côté allemand pendant la Première Guerre Mondiale. À la place du viseur une tête de Poupée, sans nez, ni yeux, mais des lèvres rougeoyantes et charnues. Le crâne est fendu au milieu comme les fesses par la raie. Les gâchettes du terrible engin sont signifiées par deux seins parfaitement rond et en attente de caresses. Enfin, La Mitrailleuse en état de grâce dispose de premiers trépieds qui lui permettent d'être fixée sur n'importe qu'elle table et d'autres trépieds qui ressemblent à des sabots vivants. Voilà une œuvre suggestive ! Sans doute est-t-elle de celles qui, depuis l'avènement de la guerre de masse, à le mieux retranscrit l'alliance subtile entre violence et plaisir.
Les quelques productions de cet allemand génial vous auront peut-être donnez envie d'aller faire un tour dans son univers. Encore quelques unes à ne pas manquer : 1963 : une étude pour La Philosophie dans le boudoir de Sade ; 1952 : La Toupie (un bras bionique en équilibre sur une toupie tenue par la main, esthétique Dalì) ; 1960-1961 : Un portrait du père peu glorieux. Parmi les thèmes récurrents de Bellmer, on a la jeune fille bien sûre, mais aussi la mort et l'œil bleu. L'exposition est donc une plongée dans l'anatomie du désir d'un artiste que d'aucuns qualifient à juste titre d'obsédé sexuel. Entre deux séries d'études, apparaît une synthèse épatante de ce que furent sa pensée et sa quête :
« Le corps est comparable à une phrase qui vous inviterait à la désarticuler, pour que se recomposent, à travers une série d'anagrammes sans fin, ses contenus véritables » BELLMER
Victor Jorge, 23/03/06
Publié par Fang Shih Yu à 12:22:55 dans D'la chronique ? | Commentaires (0) | Permaliens
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